Une renaissance*
Poster le 14 mai 2007 vers 3:30 par admin
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Françoise Gründ, Directrice artistique de la Maison des Cultures du Monde

Le petit escalier raide débouche sur une terrasse dallée, entourée d’une balustrade. Les têtes touffues des manguiers et des frangipaniers cherchent à pénétrer dans la véranda couverte d’un toit pentu une vingtaine de gamine se maquillées, lourds chignons sombres sur la nuque, graciles dans les soies drapé es de leur costume d’entraînement, ne quittent pas des yeux une dame qui remue un doigt, puis l’autre, retourne ses phalanges, et étirant le bras dans un angle anormal place sa mai n en position de hameçon retourné. Les jeunes filles - âgées environ de six à vingt ans ­ reproduisent le mouvement tandis que tinte le son aigrelet d’un gong circulaire qui ne bat main tenant que pour rythmer l’exercice

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Théâtre khmer*
Poster le 10 mai 2007 vers 9:41 par admin
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Par SUPPYA NUT BRU Chargée de cours à l’INALCO

Le théâtre royal khmer ou lkhon lhuofi n’a pas suscité de véritables études à l’exemple des théâtres de Java, de Bali, sans parler de celui du Siam qui doit tant au théâtre khmer. Et pourtant dès le début du siècle, G. Groslier a tracé la voie en inaugurant l’étude scientifique dans ses deux ouvrages Danseuses cambodgiennes anciennes et modernes (1913) et Recherches sur les Cambodgiens (1931). Il a fallu le cataclysme politique de ces dernières décennies qui a ébranlé le Cambodge pour que l’on commence à s’y intéresser de plus près. Les artistes exilés, parmi ceux qui ont pu s’échapper à la folie destructrice qui ravageait alors le pays, ont été les premiers à se mobiliser pour tenter de sauver les traditions du théâtre royal. Ils ont fondé des troupes là où ils ont trouvé refuge, en France, aux Etats Unis et dans les camps de réfugiés à la frontière khméro-thailandaise. Grâce à leur détermination, l’art du théâtre royal a échappé à la disparition et a même gagné un public nouveau tant chez les Khmers de la diaspora que chez les étrangers.

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La Danse khmère*
Poster le 10 mai 2007 vers 9:19 par admin
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par Solange Thierry

Anthropologue

Rares dans le monde sont les pays qui évoquent par leur seul nom l’image d’une danseuse. Et s’il est vrai, hélas, que d’autres images, cruelles et destructrices sont venues s’imposer dans des années de guerre et de malheur, il n’en est pas moins évident que l’art de la danse au Cambodge survit à toutes les tourmentes.

L’histoire l’atteste avec éclat : les monu­ments d’Angkor en effet font apparaître dès le neuvième siècle, à fleur de grès rose ou gris, des silhouettes féminines d’un charme singulier. Mi-femmes mi-êtres divins, elles avaient leurs répliques humaines à la Cour des rois bâtisseurs de la dynastie angkorienne. Une inscription épigraphique du temple de Lolei dit que le roi Indravarman offrit au dieu Shiva «des danseuses, chan­teuses, musiciennes, affectées au service des prêtres, nommées au nombre de quarante deux; et au nombre de sept, des danseuses, chanteuses, musiciennes de deuxième ordre, affectées au service du public». Ce qui suppose une hiérarchie dans les rôles et donne à penser que les premières « étoiles » étaient plus proches du sacré que les der­niers «sujets ».

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Danse khmère patrimoine immatériel de l’Unesco
Poster le 10 mai 2007 vers 9:04 par admin
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Buppha Dévi Norodom

Ex Ministre de la Culture et des Beaux-Arts

Le Ballet Royal est l’héritier d’une tradition qui remonte à plus de mille ans. Etroitement lié à la cour royale, il a subi tous les contrecoups de l’Histoire mouvementée du Cambodge et bien souvent failli disparaître. Il a toujours fini par renaître de ses cendres. A la fois parce que ses souverains, s’ils ont souvent du abandonner leur capitale, ne se sont jamais séparés de leurs danseuses, et parce qu’il s’est toujours trouvé des jeunes filles désireuses de se faire danseuses et de servir leur roi.

Ce dossier a été préparé pour accompagner la candidature du Ballet Royal du Cambodge à sa demande d’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité. Il préfigure l’ouvrage que nous avons mis en chantier pour fixer, en langues khmère, française et anglaise, l’héritage culturel dont nous sommes dépositaires dans ce domaine. On y verra dans un pays qui jouit désormais de la sécurité et s’est engagé sur la voie du développement, les menaces qui pèsent sur son avenir n’ont cependant pas complètement disparu.

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