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Par SUPPYA NUT BRU
Le théâtre royal khmer ou lkhon lhuofi n’a pas suscité de véritables études à l’exemple des théâtres de Java, de Bali, sans parler de celui du Siam qui doit tant au théâtre khmer. Et pourtant dès le début du siècle, G. Groslier a tracé la voie en inaugurant l’étude scientifique dans ses deux ouvrages Danseuses cambodgiennes anciennes et modernes (1913) et Recherches sur les Cambodgiens (1931). Il a fallu le cataclysme politique de ces dernières décennies qui a ébranlé le Cambodge pour que l’on commence à s’y intéresser de plus près. Les artistes exilés, parmi ceux qui ont pu s’échapper à la folie destructrice qui ravageait alors le pays, ont été les premiers à se mobiliser pour tenter de sauver les traditions du théâtre royal. Ils ont fondé des troupes là où ils ont trouvé refuge, en France, aux Etats Unis et dans les camps de réfugiés à la frontière khméro-thailandaise. Grâce à leur détermination, l’art du théâtre royal a échappé à la disparition et a même gagné un public nouveau tant chez les Khmers de la diaspora que chez les étrangers.